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Recycler son ancienne voiture : comment ça marche ?

Dans cet article

Chaque année en France, c’est autour de 1,5 million de voitures (2 millions avec la prime à la casse) qui sont déclarées hors d’usage[1] et près de 12 millions en Europe. Simple fin de vie du véhicule ou sinistre, il est important de se débarrasser de son véhicule tout en respectant l’environnement : c’est le rôle des centres VHU (Centres Véhicules Hors d’Usage, anciennement appelés « casses automobiles »).

Tour d’horizon sur la filière du recyclage et de l’occasion.

Les centres VHU : les éléments à connaître.

Les personnes détenant un véhicule hors d’usage sont tenues pénalement de les confier, gratuitement ou dans certains cas avec contrepartie financière, à un centre VHU agréé par la Préfecture, munies du certificat d’immatriculation du véhicule.

Attention ! Vérifiez que l’entreprise ait bien son agrément avant d’y déposer votre véhicule. Dans le cas contraire ou dans le cas d’un dépôt sauvage, vous vous exposez à une sanction pénale de 2 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.

L’agrément préfectoral

Aujourd’hui, ce sont plus de 1600 centres VHU qui ont obtenu leur agrément préfectoral, certification validée par la préfecture pour une durée limitée de 6 ans renouvelable, lorsque l’entreprise peut justifier sa conformité aux règles environnementales liées au traitement de ces véhicules. Ils sont reconnaissables grâce :

  • Au numéro d’agrément, obligatoirement apposé à l’entrée de l’établissement : de type « PR 99 000 01D », où « 99 » représente le département, et le « 00001 » signifiant qu’il s’agit du premier du département à avoir obtenu cet agrément.
  • Au logo, généralement visible à côté du numéro d’agrément :

vhu

Considérés comme déchets dangereux puisqu’ils contiennent des produits dont la pollution peut avoir des conséquences très néfastes sur les sols et les eaux,  les véhicules Hors d’Usage doivent être récupérés par des centres VHU agréés pour y être traités en suivant des normes strictes de recyclage, de réutilisation et de valorisation des déchets.

En 2010, 68,9% de ces véhicules ont été traités par des centres agréés, sur une estimation de 2,3 millions de véhicules hors d’usage : cela fait donc potentiellement 720 000 véhicules hors d’usage qui n’ont pas été remis à la filière agréée[2].

Une action de contrôle renforcée d’ampleur nationale a été lancée par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, et Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Energie lors du Salon Pollutec de 2012, dans le but de lutter contre les activités illégales des sites non agréés.

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Pour en savoir plus, consultez le site : www.recyclermavoiture.fr

La revente de véhicules

Les centres VHU ont la possibilité de vendre en France ou à l’export, les véhicules en l’état, c’est-à-dire comme véhicule d’occasion ou comme véhicule accidenté, à des professionnels.

La destruction administrative

Dans le cas où le véhicule est destiné à la destruction, avant toute chose, le centre VHU agréé procède à sa destruction administrative par l’annulation de son immatriculation.

Le traitement de dépollution

Dès l’entrée d’un nouveau véhicule sur le parc d’un Centre VHU, celui-ci doit être dépollué avant tout traitement postérieur. Sont ainsi retirés tous les liquides, gaz et solides chimiques, tels que huiles, liquide de frein, liquide de refroidissement, liquide lave-glace, carburant, fluides réfrigérants, pots catalytiques, batteries, gaz de climatisation, …

Cela va même jusqu’à la mise en sécurité des organes pyrotechniques (les airbags par exemple).

Réutilisation, recyclage et valorisation

Une fois le véhicule dépollué, des techniciens procèdent au démontage des pièces pour réemploi, suivant une liste établie par l’établissement en fonction des besoins sur le marché. Ces pièces sont nettoyées, contrôlées, tracées et testées par des techniciens pour être vendues d’occasion ou rénovées.

La carcasse restante du véhicule partiellement démonté peut ensuite rester encore un certain temps sur le parc du Centre VHU, permettant à des particuliers ou des professionnels de venir récupérer des pièces qui n’ont pas été démontées mais qui sont toujours disponibles.

Enfin, les carcasses sont ensuite transmises au broyeur pour broyage, réutilisation, recyclage, et valorisation (exemple : on récupère l’énergie créée par la fonte d’une matière).

La filière VHU s’est vue imposer des taux conséquents en matière de recyclage et de valorisation[3] :

 

Objectifs 2010

Taux réel 2010

Objectifs 2015

Taux minimal de réutilisation et valorisation

85%

81%

95%

Taux minimal de réutilisation et recyclage

80%

79%

85%

Poids moyen par véhicule et par an.

Du recyclage au réemploi

La pièce de réemploi est l’une des applications de la démarche de développement durable promue par de nombreux centres VHU qui placent la pièce détachée au cœur de leurs activités. En effet, une seconde vie de ces pièces permet d’éviter la fabrication (souvent gourmande en énergies) de nouvelles pièces.

Marché encore méconnu du grand public, il est pourtant possible aujourd’hui de trouver des pièces détachées automobiles d’occasion avec une garantie allant de 3 mois à 1 an. Grâce à internet, plus besoin de se rendre chez le démolisseur du coin, recherchez vos pièces parmi tout le stock des centres VHU référencé sur le web[4. On peut ainsi commander sa pièce en ligne et se faire livrer, et même trouver les réparateurs dans votre région qui accepteront de réaliser la main d’œuvre si vous n’êtes pas mécano passionné à vos heures perdues.

Au-delà de l’aspect écologique de la pièce de réemploi vous ferez également des économies pouvant aller jusqu’à 80% par rapport au prix d’une pièce neuve.

Depuis 2009, certaines assurances jouent le jeu et proposent désormais à leurs sociétaires, en plus d’un devis basé sur des pièces neuves, un devis avec pièces d’occasion pour les réparations de leur véhicule, permettant ainsi d’alléger considérablement sa note.

Contrairement à la production de pièces détachées neuves, la dépollution et la production de pièces détachées d’occasion doivent être effectuées en France. Cela permet non seulement de préserver l’environnement mais également de maintenir des emplois non délocalisables.

 

Alors n’hésitez plus : Recyclez votre vieille voiture et bénéficiez de pièces d’occasion de qualité !



[1] Source : ADEME

[2] Source : Observatoire de l’ADEME, Situation 2010

[3] Source : Observatoire de l’ADEME, Situation 2010

[4] Stock de centres VHU disponible sur http://www.opisto.fr

 

Crédits photo : Certains droits réservés par jean cl

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Mickael

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